Michael Delligatti, le père du sandwich à deux étages de chez MacDo est mort Michael Delligatti, le père du sandwich à deux étages de chez MacDo est mort
Le vrai Donald Trump aurait dû être Michael Delligatti. Cet homme d’affaires américain injustement ignoré a eu un jour une idée géniale : le Big... Michael Delligatti, le père du sandwich à deux étages de chez MacDo est mort

Le vrai Donald Trump aurait dû être Michael Delligatti. Cet homme d’affaires américain injustement ignoré a eu un jour une idée géniale : le Big Mac. La star intergalactique des restos McDonald’s dans le monde, déjà vendu par dizaines de milliards… Pas de bol, c’est Trump qui s’est fait un max de fric sans jamais rien produire de sa vie et qui, en récompense, vient d’être élu président des Etats-Unis. Quant au papa du Big Mac, il n’a jamais touché un kopeck pour sa trouvaille. Il est mort lundi soir, à 98 ans, dans sa maison de Pittsburgh (Pennsylvanie), «entouré de sa famille», comme l’indique un porte-parole de McDo.

 

Le génie du burger aurait eu son intuition en 1965. Et si je mettais deux portions de steak haché dans le même sandwich ? Et si je glissais une tranche de pain entre le deux pour éviter que la sauce coule de tous les côtés ? Le pire, c’est que McDo a dit non. En tout cas au début. Pas question de déroger à la règle. Michael «Jim» Delligatti a quand même tenté le coup dans ses franchises McDo en Pennsylvanie, à commencer par son enseigne de Uniontown, en 1967. Devant le triomphe, il a servi du BigMac dans les 47 restos qu’il possédait dans l’Etat.

Médaille

Un an plus tard, tous les McDo de cet Etat de la côte est, y compris ses concurrents, ont adopté le sandwich à double étage. Puis l’ensemble des McDo de tout le pays. Et voilà comment la recette de Delligatti a conquis le monde. Aujourd’hui, on estime qu’il s’en vend 550 millions par an aux Etats-Unis (soit un toutes les 17 secondes) et environ 900 millions à travers toute la planète (moins les pays où on crève de faim).

Delligatti avait la victoire modeste. En 1993, il déclare au Los Angeles Times : «C’est pas comme si j’avais inventé l’ampoule électrique. Tout ce que j’ai fait, c’était de la visser dans son socle.»

En tout cas, McDo s’est bien foutu de sa gueule. Ne lui a reversé aucun royalty, n’a pas donné son nom au burger (alors que McDo et le clown Ronald s’appellent ainsi d’après l’un des deux cofondateurs). «Tout ce que j’ai eu, c’est une médaille», avoue Delligatti. Et aussi, un beau Musée du Big Mac McDonald’s à North Huntingdon, inauguré en 2007, où l’on peut admirer le plus grand Big Mac de la création, de quatre mètres sur trois.

Spoliation

Le dernier secret du Big Mac a été violé en 2012 par un dignitaire de l’entreprise, qui a balancé la composition de la «sauce spéciale». Il s’agirait de mayonnaise, moutarde, vinaigre de vin blanc, cornichons hachés, ail, oignon en poudre et paprika (plus des stabilisants divers et variés). Aux Etats-Unis, on y ajoute du sirop de fructose et du colorant caramel.

Comme tous les gens bien, Michael Dugatti, qui a fêté ses 90 ans en août 2008 (avec le clown Ronald en guest star et un gâteau en forme de BigMac…), n’a jamais exprimé des regrets publics d’avoir été spolié, sans doute conscient de l’œuvre inestimable qu’il laisse à l’humanité. A-t-il jusqu’au bout gardé la frite ? A l’occasion de sa mort, le monde peut enfin découvrir son existence et lui rendre l’hommage qu’il mérite.

liberation.fr

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