Cinq ans après la chute de Ben Laden, Al-Qaida n’est pas mort Cinq ans après la chute de Ben Laden, Al-Qaida n’est pas mort
Alors que la CIA fête les cinq ans de la mort de Ben Laden, Al-Qaida est reléguée au second plan par Daesh. Du moins... Cinq ans après la chute de Ben Laden, Al-Qaida n’est pas mort

Alors que la CIA fête les cinq ans de la mort de Ben Laden, Al-Qaida est reléguée au second plan par Daesh. Du moins en apparence.

Cinq ans après le décès d’Oussama Ben Laden, tué par un commando de la CIA à Abbottabad (Pakistan), Al-Qaida est passée au second plan sur la scène médiatique au profit de l’organisation Etat islamique. Plus de 14 ans après les attentats du 11-Septembre, l’organisation terroriste est-elle réellement sur le déclin comme certains l’avancent ? 20 Minutes a interrogé Wassim Nasr, journaliste à France 24 et auteur d’Etat Islamique, le fait accompli, ainsi que Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements radicaux et auteur de Le retour du Califat pour tenter de répondre à cette question.

La mort de Ben Laden n’a pas freiné Al-Qaida

Célébrée comme une victoire finale contre la principale organisation terroriste il y a cinq ans, la mort de Ben Laden, n’est en réalité guère plus que « la mort d’un symbole pour Al-Qaida », comme l’explique Wassim Nasr. « Cela dit, contrairement à ce qu’on a pu entendre, il était opérationnel, il gérait tout. Mais cela n’affecte pas réellement l’organisation elle-même. Les chefs sont préparés à mourir, c’est quelque chose qui est acquis dans leur structure », et qui permet donc au groupe de subsister quand l’un de ses chefs meurt.

 

L’organisation continue de se développer dans l’ombre de Daesh

Pour les deux spécialistes, il ne fait aucun doute que l’organisation terroriste est en pleine expansion. Le journaliste évoque une Al-Qaida « jamais aussi forte » depuis la mort de Ben Laden, tandis que Mathieu Guidère souligne la création de « deux nouvelles branches avec Al-Qaida dans le sous-continent indien et Al-Qaida en Syrie, qui montrent bien que l’organisation continue de se développer. » En plus de la création de nouveaux fronts, le groupe consolide ses positions dans les zones où il est le plus influent comme dans le Sahel ou au Yemen, où « Al-Qaida profite de la guerre civile pour s’implanter notamment dans le sud du pays, où le groupe contrôle plusieurs villes », rappelle Mathieu Guidère. Ce dernier ajoute que l’organisation « bénéficie de la focalisation de l’occident sur Daesh pour prospérer et s’implanter. »

 

Si l’entité anciennement dirigée par Oussama Ben Laden donne aujourd’hui, vue de l’Occident, l’impression d’être statique, elle ne demeure donc pas moins active. « Sous prétexte qu’Al-Qaida n’a plus commis d’attentats d’envergure depuis longtemps, on dit que celle-ci est inactive. Il faut quand même rappeler qu’ils sont à l’origine de l’attaque de Charlie Hebdo ( les frères Kouachi se sont revendiqués d’Al-Qaida dans la Péninsule arabique) et que ce n’est pas faute d’avoir essayé s’ils n’ont pas réussi [à frapper de nouveau] », argue Nassim Wasr.

 

Al-Qaida a un meilleur soutien des populations

L’éclosion de l’organisation Etat Islamique fin juin 2014 coïncide avec l’apparition d’un nouveau rival sur le terrain pour Al-Qaida, et un changement de stratégie due à l’instauration d’une compétition entre les deux entités. « Il y a une multiplication des actions pour attirer les combattants. On essaye de les convaincre que chaque camp est meilleur que l’autre » analyse Mathieu Guidère, qui note également que la compétition s’étend à d’autres domaines, comme l’organisation d’attaques en réponse aux offensives du rival. « Quand Daesh réalise des actions de masses comme à Paris, Al-Qaida répond par des attaques en Afrique. Parfois, il y a même des conflits armés entre les deux camps comme cela a été le cas en Syrie (entre Daesh et le front Al-Nosra). » Si ce mode opératoire laisse penser à un aveu de faiblesse d’Al-Qaida, le spécialiste reste catégorique quant à la force de cette dernière. « Al-Qaida reste une organisation mieux implantée et surtout plus acceptée par les populations. C’est ce qui fait sa force » conclut-il.

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